PHOTOGRAPHY
Hear us marching up slowly
La photographie est ce « fantôme qui revient toujours », parallèlement à son travail multimédia, Smith poursuit une grande série photographique Hear us marching up slowly. Un déplacement s’y opère : plus qu’ailleurs, dans les postures, dans la « presque fin » du processus de transformation, se met en place quelque chose comme une lutte. Les corps s’avèrent moins fragiles, moins passifs, plus déterminés.
Les bras sont souvent croisés, les visages plus froncés, le regard plus direct. Le jeune homme qui se piquait à la testostérone dans C19H2802 (Agnès) fait retour, mais il est vêtu d’un pantalon de camouflage militaire, visage rebelle. C’est ainsi qu’advient la figure du soldat, prêt à mener sa guerre, sa guerre contre les normes et les contrôles, tandis que le photographe capte des sculptures de pierre, lourdes et massives, hommage, vraisemblablement, aux soldats morts au combat, et des vestiges de bâtiments guerriers, dont il assument qu’ils le fascinent, comme ce bunker de la Seconde Guerre mondiale tombé d’une falaise en Normandie. Ailleurs, un jeune homme porte la mitraillette en bandoulière : l’offensive serait-elle prête ?Extrait de Hospitalités mouvantes, Dominique Baqué, 2013
