Projet transdisciplinaire
Spectrographies inclut un film de 59 minutes, une série de thermogrammes (images thermiques tirées sur aluminium), et les vestiges d’une création antérieure, « Cellulairement ».
#Fantôme #Spectre #Hantise #Caméra thermique #Absence #Cinéma #Photographie #Puce #Nouvelles technologies
Le projet Spectrographies (2010-2014) se compose d’une installation-dispositif réalisée au Fresnoy en 2012 (Cellulairement), mais aussi d’un film éponyme et d’une série de photographies. A travers ces œuvres, Smith réhabilite la notion de spectralité : les fantômes hantent désormais les pixels de nos écrans et de nos objets électroniques.
Dans un premier temps et souhaitant éprouver physiquement un phénomène de hantise, Smith simule, à l’aide de puces implantées sous sa peau, la palpitation invisible d’une altérité : il s’agit de l’installation Cellulairement, conçue en 2012.
L’envoûtement repose sur l’implantation, dans le creux du bras de Smith, d’une puce électronique qui reçoit en temps réel le “photome” - contraction étymologique de phántasma (« apparition, spectre » en grec) et photon, le quantum d’énergie électromagnétique - des visiteurs traversant l’espace d’installation.
A l’instant même de sa réception, chaque “photome” se manifeste à travers un vêtement qui diffuse sur la peau de Smith, la chaleur précise de chacun des visiteurs présents. Ce projet explore la possibilité d’un démantèlement des liens entre identité, subjectivité et corps. Il s’agit de défaire le corps de ses assignations en se faisant un corps-autre, un corps-hôte étoilant vers une infinité d’autres possibles, d’autres chaleurs, d’autres identités.
Le film et les photographies Spectrographies constituent un agrégat de pensées, de références, d’archives, d’entretiens, de promenades, de musiques, qui gravite autour de la recherche du lien qui unit les télé-technologies de l’intime (skype, SMS…), les histoires d’amour et les fantômes.
Construit à la manière d’un « work in progress », à la frontière de la fiction, sans scénario, autour des implications philosophiques et techno-télé-discursives de cette création, cet objet filmique utilise à la fois des extraits de plusieurs films réalisés par d’autres cinéastes qui se mêlent à des séquences documentaires – entretiens avec des individus concernés par le concept de spectres, et enfin, à des séquences fictives – dont une partie est tournée en caméra thermique.
Spectrographies tente ainsi d’interroger la figure du spectre, non seulement en tant que sujet, mais aussi à travers l’utilisation faite de son médium, « cet élément même qui n’est ni vivant ni mort, ni présent ni absent, qui spectralise » : le film.
Shows
- 2026 : « Ici grand ouvert » exposition de SMITH, MAC VAL, Vitry-sur-Seine (France)
- 2023 : Épreuves de la matière - La photographie contemporaine et ses métamorphoses, Exposition BNF - Bibliothèque Nationale de France, Paris (France)
- 2022 : Film Spectographies, La Filature, Scène nationale, Mulhouse (France)
- 2019 : Smith, Spectographies, MBAL - Musée des Beaux-Arts, Le Locle (Suisse)
- 2018 : Spectographies, San José foto Festival 2018 (Uruguay)
- 2017 : Projection Spectographies, SMITH, Cinéma Actes Sud, Le Méjan, Arles (France)
- 2017 : Exposition TRAUM de SMITH, La chambre d’écho, Agora, Cité Internationale de la Danse à Montpellier Occitanie (France)
- 2016 : Spectographies, Les Rencontres Internationales de Berlin (Allemagne)
- 2016 : SMITH | ДАВАЙТЕ МЕЧТАТЬ , SPECTOGRAPHIES & TRAUM - Galerie Les Filles du calvaire (France)
- 2014 : Entre (deux) fantômes, Pavillon Vendôme, Clichy (France)
- 2012 : SMITH Cellulairement - Installation - 2012, Panorama 14 - Élasticités - Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing (France)
ŒUVRES
Spectrographies
Série de photographies, 2011
Séries de 38 photographies thermiques ou thermogrammes tirées sur aluminium, formats variables
“ Dans le sillage de l’hantologie derridienne, Smith y aborde les nouvelles technologies (implantées, injectées, projetées) comme des moyens de remédier à une absence, de prolonger la présence d’un être ou de donner consistance à son souvenir. Ses photographies thermiques sont ainsi peuplées de spectres qui sont autant de survivants, résistant à la mort, et d’absents, conjurant l’oubli.”
Florian Gaité
Cellulairement
Etude pour spectres, camera thermique, puce électronique sous-cutanée et transfert de données cellulaires, 2012
Ce projet s’accompagne d’un documentaire iPhonographique et thermographique, et d’un site internet pour smartphones : http://cellulairement.net.
Il s’agit pour l’artiste de transformer son propre corps en réceptacle de spectres, par la mise au point d’un dispositif lui permettant d’être ponctuellement hantée par chacun des visiteurs de l’exposition.
1er temps : le portrait thermique du visiteur, capté par une caméra infra-rouge, est projeté sur son corps ; cette image, qui rend visible les ondes de chaleur du sujet, correspond à une empreinte biométrique, unique et inaliénable.
2e temps : treize points de chaleur sont capturés sur le visiteur, puis transmis à l’artiste équipée d’une puce électronique sous-cutanée lui permettant d’incorporer le spectre du visiteur ; et de transmetteurs thermiques disposés sur son corps, lui permettant de ressentir la présence du visiteur en temps réel.
3e temps : les données thermiques de l’artiste hantée par le visiteur sont récupérées à travers une série de capteurs, et transmises à une base de données inventoriant les spectres, consultable sur le site web du projet en temps-réel.
4e temps : une micro-puce implantable contenant les données biométrico-spectrales de l’artiste est proposée, via le site web, aux visiteurs souhaitant être hantés par cette dernière ?
L’envoûtement repose sur l’implantation, dans le creux du bras de Smith, d’une puce électronique qui reçoit en temps réel le “photome” - contraction étymologique de phántasma (« apparition, spectre » en grec) et photon, le quantum d’énergie électromagnétique - des visiteurs traversant l’espace d’installation.
Cette installation explore la possibilité d’un démantèlement des liens entre identité, subjectivité et corps. Il s’agit de défaire le corps de ses assignations en se faisant un corps-autre, un corps-hôte étoilant vers une infinité d’autres possibles, d’autres chaleurs, d’autres identités.
Florian Gaité.
Crédits
Ce projet fait l’objet d’un partenariat avec l’équipe 2XS, projet de recherche du CNRS, de l’IRCICA et de l’Université Lille 1 / 2XS/POPS (Laboratoire IRCICA : CNRS/Université Lille 1).
Production : Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, Tourcoing
Emmanuel Debriffe
Equipe 2XS / IRCICA, programmation RFID : Thomas Vantroys
Programmation Kinect : Adrien Fontaine
Développement web et graphisme : Michel Peneau/Mmind
Création textile : Zélia Smith
Spectrographies
Film, 2015
Au fil d’une nuit fantastique, un personnage arpente sans fin des avenues froides et nues, des institutions désertes, des non-lieux inhabités, en marche, en quête, solitaire - guettant les apparitions de fantômes venant se glisser dans son sillage. Suspendu aux télé-technologies (téléphone, puce électronique) de l’intime, il semble se nourrir de l’absence d’un être aimé, ailleurs, loin, intouchable, dont l’absence hante sa déambulation.
Festivals
03/2016 - Les Rencontres Internationales Berlin, Allemagne
01/2016 - Les Rencontres Internationales Paris, France
01/2016 - Hors Pistes Productions, Centre Pompidou, Paris, France
11/2015 - CPH:DOX, Copenhague, Danemark
Projections/Shows
11/2017 - Cinéma Acte Sud, Arles, France
11/2016 - Biennale de Koltès, Metz, France
11/2016 - FRAC Lorraine, Metz, France
06/2016 - CGR Étoile Lilas, Paris, France
11/ 2015 - Le Silencio, Paris, France
05/2015 - Musée du Jeu de Paume, Paris, France
Crédits
- Fiche Technique
- Titre du film : Spectrographies
Réalisateur : SMITH
Producteurs : Olivier Marboeuf / Cédric Walter
En coproduction avec : Le Fresnoy, Le Centre Pompidou – Hors Pistes avec le soutien de la FNAGP
Production : Spectre productions
Durée : 59 min
Langue : Français - Équipe artistique et technique
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Image : Hélène Louvart, Josée Deshaies & Nathalie Durand
Scénario : SMITH & Lucien Raphmaj
Montage : Mathieu Pontier & SMITH
Mixage : Ivan Gariel
Avec : Mathieu Amalric, Isabelle Prim, Dominique Blanc, Florence Thomassin, Bernard Stiegler, Hélène Louvart, Léopold Duchemin, Agnès Godard, Elliott Ananou, Aurélie Lemanceau, Anaïs Boudot, Richard Dufresne, SMITH
