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Jamais le même fleuve

9.11.2011 - Maison d’art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne (France)


Commissariat : Laurence Vecten L’angle de vision retenu pour cette exposition intitulée "Jamais le même fleuve" est le paysage, le décor, le territoire, l’entour.

La Maison d’art Bernard Anthonioz, depuis son ouverture en 2006, a choisi de consacrer la dernière exposition de l’année à la découverte de collections privées de photographies. Ce cycle s’est ouvert avec la présentation d’œuvres de la collection de Michèle et Michel Auer. Depuis, chaque année, à l’automne, avec la complicité de Régis Durand, nous avons donné rendez-vous à d’autres collectionneurs privés (Madeleine Millot-Durrenberger, Isabelle Darrigrand, Freddy Denaës) ou institutionnels (Neuflize Vie) qui nous ont fait partager leur choix, leur regard et qui nous ont apporté leur vision singulière du monde et de la création photographique.

Ce cycle s’achève et nous voulions tourner cette page en rebattant une dernière fois les cartes de quatre de ces collections et en y introduisant le point de vue – ou plutôt, un point de vue – celui de l’équipe de la Maison d’art : une collection des collections en quelque sorte, histoire de montrer, dans la variété renouvelée de ces ensembles, dans leur expansion tranquille ou dans leur course avec le temps, qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Car, en matière de collections, fleuves il y a pour le coup : fleuves, photostreams, avec des ampleurs, des débits, des régimes et des courants bien marqués ; fleuves qui ne cessent de s’écouler amassant, d’autres images, des images nouvelles.

Dans les sélections qui avaient été opérées depuis cinq ans, une place importante revenait au corps et à la représentation de la figure humaine. Nous avons choisi de décaler l’angle de vision vers le paysage, le décor, le territoire, l’entour, et d’explorer cette part moins montrée au cours de notre cycle, bien qu’elle soit présente, en inégales proportions certes, dans chaque ensemble. Le pari était risqué de croiser ces quatre univers, dans lequel chaque collectionneur avait déjà sélectionné ses images. Peu à peu, en relisant ces collections et en les reliant, en découvrant également les nouvelles photographies acquises depuis, en découvrant les choix de chacun, nous avons tracé les contours d’un paysage imaginaire construit, en écho au parc de la Maison d’art, autour des trois caractères que Watelet préconisait, à la fin du 18ème siècle, pour l’ordonnance des jardins : le pittoresque, le poétique, le romanesque. Accidents et chaos, végétal et liquide, ruines et fabriques, perspectives, labyrinthes ou détours, monuments naturels, peuples de statues, déserts aussi, ce sont ces images que nous avons retenues, attentifs à leur flottement, à leur poésie, à leur propension à activer la contemplation ou à déclencher des histoires nouvelles.

Liens

Jamais le même fleuve, Fondation des artistes